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A quoi ressemblent nos cultes ?
Ils ne se ressemblent pas, mais je peux vous en décrire un, mémorable.
Un vase en terre cuite, plein d’eau, est posé sur l’estrade. Des bougies sur une chaise. Un peu de parfum à brûler. Au tout début du culte, des feutres et des morceaux de papier sont distribués. Nous y inscrivons nos « soucis » : tout ce qui pèse, tout ce qui nous tient, nous préoccupe et met un bémol, une distance par rapport à Dieu, écueil pour l’adoration en esprit et en vérité. Les papiers sont ramassés, placés dans une petite boite qui elle-même sera placée à l’extérieur de la salle.
« Débarrassés » de nos soucis, nous entrons dans le culte.
Celui qui conduit présente une phrase qui, réitérée trois fois, avec les précisions qui se rajoutent (entre parenthèses) rappelle le mouvement horizontal de la piété ancienne.
«  Dans l’ancienne alliance, chaque juif exilé qui priait, s’orientait
mentalement                                                                                                                 vers la terre d'Israël, 
puis vers Jérusalem, 
puis vers le parvis du Temple, 
(puis vers le Lieu saint,)
(puis vers le Saint des Saints)»
Les mains lavées en signe d’une entrée au « parvis », nous entonnons un premier chant.
Un verset de l’Apocalypse viendra croiser chaque fois, dans un mouvement comparable mais vertical, ce mouvement intérieur de la prière : une porte ouverte au ciel (4.1), puis le Temple ouvert (11.19), puis le lieu Saint (15.5), le ciel lui-même  enfin (19.11).
Après la deuxième lecture, nous brûlons du parfum, image mobile de la prière, après la troisième  nous allumons trois bougies : signes qui rappellent la présence de plus en plus proche de Dieu.
Après chaque phase, une lecture biblique est proposée spontanément. La personne s’avance et lit pour tous. Des morceaux musicaux pointent le parcours : un extrait de « Pieces of Africa » par Kronos quartet, « Trois oiseaux de paradis », œuvre chorale de Ravel, les Répons de Gésualdo, le 23ème concerto pour piano de Mozart dans l’interprétation de Rubinstein (pour introduire et accompagner la Cène)…
C’est vraiment une atmosphère particulière, une atmosphère qui respire : tous ceux qui sont présents prient, se sentent poussés à prier. On est simple, on est entre nous.
La Parole est au centre : son actualisation par la prédication porte sur l’échelle de Jacob, encore un rappel de la foi comme mouvement, mystérieux et ascendant.  
La Cène est un grand moment de fraternité et d’humilité qui nous ramène à l’essentiel, au fondement même qui rends tous ces mouvements possibles : la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ.
La boite à soucis attend dehors, mais nul n’a voulu reprendre ses écritures à la sortie du culte.